Mémoire du lac

Histoire & Palmarès

Trente ans de régates sur le Léman, trois fois premier monocoque au Bol d’Or et une place à part dans la mémoire du lac.

Sur le Léman, les bateaux passent. Quelques-uns restent. Taillevent II fait partie de cette poignée de voiliers dont on reconnaît la silhouette de loin, à contre-jour, un matin de juin au large de Rolle.

Il n’est pas né d’un plan de série. En 1995, Philippe Briand — l’architecte des challengers français de la Coupe de l’America — le dessine comme une réduction à 60 % d’un Class America. La même carène, la même exigence, ramenées à quatorze mètres pour un lac où le vent se dérobe, tourne, s’éteint et repart. Décision SA le construit à Ecublens, en carbone et aramide ; le même chantier armera plus tard les bateaux d’Alinghi.

Sous les couleurs de la famille Engel, à Pully, il devient l’un des monocoques de référence du Bol d’Or. Pendant que les multicoques s’envolent vers des records inaccessibles, Taillevent II se bat pour être le premier monocoque à franchir la ligne — ce qui, au Bol d’Or, s’appelle le Bol de Vermeil. Il y parvient trois fois.

Un bateau ne devient une légende ni par sa taille ni par son prix, mais par le nombre de fois où on l’a vu revenir.

À bord de Taillevent II

Trente ans plus tard, il est toujours au départ. C’est peut-être le plus remarquable : là où tant de bateaux de course finissent sous bâche, celui-ci navigue encore, avec de jeunes équipiers à bord et un armateur décidé à poursuivre ce que Nicolas Engel avait commencé.

Étrave de Taillevent II
Étrave. Crédit : Taillevent II
Taillevent II devant les coteaux
Devant les coteaux. Crédit : Taillevent II

Repères

Les moments qui comptent

  1. 1995

    La mise à l’eau

    Taillevent II sort des ateliers de Décision SA, à Ecublens : 14,20 mètres, 4,5 tonnes de carbone et d’aramide, sur un plan de Philippe Briand. Il rejoint le Léman sous le numéro de voile SUI 1.

  2. 2001

    Premier monocoque au Bol d’Or

    Premier monocoque au Bol d’Or, sous les couleurs de Nicolas et Pierre Engel, de Pully. Le bateau entre dans la cour des grands.

  3. 2003

    La confirmation

    Il recommence : premier monocoque à franchir la ligne d’arrivée du Bol d’Or. Une victoire qui installe définitivement sa réputation.

  4. 2009

    La passe de trois

    Premier monocoque au Bol d’Or pour la troisième fois. Peu de quillards lémaniques peuvent en dire autant.

  5. Années 2010

    Toujours au départ

    Édition après édition, le bateau reste en course avec les meilleurs, à une époque où la plupart de ses contemporains ont quitté le plan d’eau.

  6. Aujourd’hui

    Le flambeau passe

    Éric Gerini reprend le flambeau. Une conviction simple : Taillevent II doit continuer de naviguer, de régater et de transmettre.

Palmarès

Ce que le bateau a gagné

Les résultats marquants, année par année.

Et le Bol d’Or lui-même ? Le Bol d’Or revient au premier bateau à franchir la ligne, toutes catégories confondues : depuis que les multicoques volent, cette place leur est acquise d’avance. Le premier monocoque, lui, reçoit le Bol de Vermeil — de l’argent doré, un cran sous l’or. C’est le vrai trophée des quillards du lac, et celui que Taillevent II a gagné trois fois.

Tout Bol d’Or

Palmarès de Taillevent II
Année Épreuve Résultat
2009 Bol d’Or Premier monocoque — Bol de Vermeil
2003 Bol d’Or Premier monocoque — Bol de Vermeil
2001 Bol d’Or Premier monocoque — Bol de Vermeil

Vous avez navigué sur Taillevent II ?

Photos, souvenirs, coupures de presse, résultats oubliés : nous reconstituons l’histoire complète du bateau et chaque pièce compte.

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